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PRIME 1000 EUROS : POSITION DE LA FFB

Le 29 mai 2011

Suite aux déclarations du chef de l’Etat sur la création d’une « prime aux salariés », le Bureau de la FFB juge la mesure annoncée inappropriée...

Suite aux déclarations du chef de l’Etat sur la création d’une « prime aux salariés », le Bureau de la FFB juge la mesure annoncée inappropriée.

Le chef de l’Etat, dénonçant l’inertie des partenaires sociaux interprofessionnels sur la question du partage de la valeur, a annoncé la semaine dernière vouloir imposer l’idée selon laquelle une entreprise, qui fait des profits, doit mieux les partager avec ses salariés et pas seulement avec ses actionnaires.

Les modalités précises de ce nouveau dispositif, qui serait assorti d’une sanction, ne sont pas encore connues et feront l’objet d’une loi et de décrets avant l’été, mais il semble que l’on s’oriente vers une nouvelle usine à gaz à deux étages.

- Les entreprises de plus de 50 salariés qui versent des « dividendes en progression » seront obligées de verser une prime dont le montant et les modalités devront faire l’objet d’une négociation avec leurs syndicats de salariés. Le plafond d’exonération proposé pourrait être supérieur à 1000 €.

- Les entreprises de moins de 50 salariés seront simplement incitées, si elles le peuvent, à verser une prime, dont le montant n’est pas davantage fixé.

Si l’on peut comprendre les craintes des salariés et de l’opinion en général face à la reprise de l’inflation et au renchérissement du coût de la vie, rien ne justifie une telle immixtion de l’Etat dans les affaires des entreprises, surtout après avoir déclaré ne rien faire en matière salariale pour ses fonctionnaires en 2011 et en 2012.

Le fonctionnement de l’entreprise, le mécanisme de création du résultat, de la distribution de celui-ci, l’arbitrage entre dividendes et investissements sont tellement complexes et différents d’une entreprise à l’autre qu’il n’est pas responsable de vouloir s’y ingérer par une mesure générale, aux conséquences désastreuses sur la vie même des entreprises.

Le projet présidentiel va de surcroît renforcer la division entre les grandes et les petites entreprises, les unes étant obligées de verser une prime, les autres simplement incitées à le faire.

Pour toutes ces raisons, et même si dans l’un et l’autre cas ladite prime est exonérée de charges sociales et fiscales (hors CSG-CRDS et hors forfait social), ce dispositif reste une mesure totalement inappropriée, d’autant que les entreprises du Bâtiment ont déjà fait des efforts considérables depuis 2008 pour, malgré la crise, maintenir l’emploi et revaloriser les salaires.

Dès l’annonce de la mesure, le MEDEF et la CGPME ont immédiatement et très justement réagi, réaffirmant avec fermeté qu’il n’appartenait pas à l’Etat de s’immiscer dans la gestion des entreprises.

Les syndicats rejettent également la mesure mais pour mieux réclamer au nom du pouvoir d’achat une hausse générale des salaires.

Alors que l’inflation connaît une nouvelle poussée de fièvre, le risque est grand pour les entreprises déjà mises à mal par plusieurs années de crise de devoir faire face à de fortes demandes en matière salariale encouragée de surcroît par le gouvernement.




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