La vision nationale, de l'économie du Bâtiment. A lire, sans modération ...
Mesdames, Messieurs,
Avec les fêtes de fin d’année vient le temps des bilans mais aussi des vœux pour l’année à venir.
Le Bâtiment plie en 2010 mais ne rompt pas…
Pour ce qui concerne le bâtiment, le bilan de l’activité en 2010 s’avère particulièrement compliqué à établir. En effet, les sources et les différentes méthodes ou modèles que nous avions coutume d’utiliser conduisent à des résultats et appréciations fortement divergents sur les évolutions en cours, principalement dans le secteur neuf. Nous nous sommes donc appliqués, à la lumière de toutes les données disponibles sur trois ans, à savoir Sit@del2, mais aussi la consommation de matériaux, l’emploi, le solde des créations et des défaillances d’entreprises, le marché des crédits, etc. à fixer, à dire d’experts, l’évolution de la production en 2010 la plus cohérente à nos yeux. Au global, nous retenons donc pour le bâtiment un recul de l’activité de 3,4% en 2010, hors effet prix, avec ‑6,1% dans le neuf et ‑1,2% pour l’amélioration-entretien. Ce dernier segment de marché a probablement été pénalisé par la très forte diminution des transactions dans l’ancien observée en 2008 et 2009, alors que c’est à la suite de telles acquisitions que réside la principale occasion de réaliser des travaux importants. Conséquence de cette modération du recul de l’activité d’ensemble, la perte d’emplois se limiterait, en moyenne annuelle, à 15.000 postes au total, avec une reprise de l’intérim (+6.000 équivalents temps plein) et une baisse mesurée
(-21.000) des effectifs salariés.
… mais reprendrait des forces en 2011
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Quant à l’avenir, l’amélioration perceptible depuis l’été du volume des commandes se traduira par une reprise d’activité de 2,2% au cours de l’année 2011, hors effet prix là encore. C’est du moins l’image qui se dessine pour l’ensemble du territoire, hors choc économique ou financier violent. La tendance doit, bien évidemment, être nuancée selon les régions et/ou les métiers. De fait, il existe entre les territoires une très grande diversité de situation.
Trois marchés seraient moteurs de cette évolution :
Øpremièrement, l’effort d’investissement du secteur HLM, qui résulte des différents plans mis en place (Plan national de rénovation urbaine, Plan de cohésion sociale, puis Plan de relance) et du rôle contracyclique classique de ce marché. Rappelons qu’en 2001, les HLM ne représentaient que 35.000 logements mis-en-chantier ; ils en totalisent près de 100.000 en 2010, sans que pour autant on observe un recul de l’effort d’amélioration-entretien de leur patrimoine. Nous espérons à l’avenir une poursuite de cet effort en particulier par le maintien de l’affectation des ressources du Livret A à ce secteur ;
Ødeuxièmement, le logement neuf privé, qui générerait pour nos entreprises une hausse de l’activité prévue proche de 10 %, compte tenu notamment des larges espoirs portant sur l’accession à la propriété avec l’introduction du PTZ+ et de la préservation du dispositif Scellier ;
Øtroisièmement, l’amélioration-entretien, avec une hausse de 1,8 % en volume, soit un chiffre proche du rythme de croisière de ce marché. Cette vigueur attendue sera portée par la montée en régime, lente mais irréversible, des préoccupations d’économie d’énergie et de développement durable, fruits du Grenelle de l’environnement. Nous attirons d’ailleurs l’attention des Pouvoirs Publics sur la nécessité de ne pas casser une dynamique encore fragile.
En revanche, la descente aux enfers se poursuivrait pour le non-résidentiel neuf, avec une baisse d’activité pour nos entreprises proche de 9 %.
Ces évolutions, globalement positives, s’accompagneraient d’une reprise de l’emploi en 2011. Ainsi, entre 10.000 et 15.000 postes salariés et intérimaires pourraient être créés.
Mais avant de toucher du doigt ces perspectives heureuses, c’est la phase transitoire que nous vivons aujourd’hui qui nous inquiète. Le recul actuel de l’activité et la volonté de préserver l’emploi de la part des entreprises ne sont supportables que parce que celles-ci puisent dans leurs réserves. Cela ne peut durer, d’autant plus qu’elles subissent à la fois :
- une baisse indéniable des prix, dont l’ampleur reste difficile à quantifier en l’absence d’indicateurs globaux ;
- et, corollaire du mouvement précédent, une dégradation de leur situation financière, dégradation encore aggravée par les dispositions passées et à venir de la trop fameuse LME. Car si nos entreprises payent plus vite, donc mieux leurs fournisseurs, il n’en va pas de même pour nos clients.
C’est pourquoi la FFB s’efforce depuis plusieurs mois, à travers diverses actions, de sensibiliser les donneurs d’ordre, avec, il faut bien le dire, des résultats jusqu’ici plutôt mitigés.
Un environnement institutionnel maintenu
Dans un tel contexte, on ne peut que se féliciter du souci de maintenir un environnement institutionnel porteur, afin d’éviter un nouveau choc négatif sur la production. Deux points pour illustrer ce propos :
- Les coups de rabot pratiqués restent mesurés.
- Le PTZ+ constitue une réelle avancée qui mérite d’être d’autant plus saluée que la réforme intervient dans un contexte budgétaire très difficile.
Je vois dans ces choix la preuve de la volonté du Gouvernement, via un indispensable développement de l’offre pour répondre aux besoins de nos concitoyens, de faire du bâtiment un vecteur de croissance retrouvée en 2011.
Ce souci ne trouvera toutefois sa pleine efficacité qu’à deux conditions.
- Tout d’abord, un développement de l’offre foncière, en particulier en zone tendue. La question foncière prime. Sans foncier abondant, rien de possible.
Le Secrétaire d’Etat, Benoist APPARU, a d’ailleurs lancé quatre groupes de travail sur ce sujet. Nous y participons et nous en attendons beaucoup, d’autant que nous avons été très déçus avec d’autres initiatives de ce type par le passé. Mais il faut que chacun le comprenne, mettre fin à la situation de pénurie en logements exige une alimentation foncière renforcée et régulière.
- Ensuite, une fiscalité immobilière équilibrée ou, plus exactement, neutre. Ce concept de neutralité a fait florès dans les années 90. Cela ne doit rien au hasard car, à partir de 1975, on a assisté à un alourdissement de la fiscalité immobilière au nom d’un impératif de défense des secteurs économiques dits « exposés » à la concurrence internationale. Il a fallu de nombreuses années pour redresser la barre. C’est pourquoi la FFB milite en faveur de la neutralité de la fiscalité de l’épargne. Si effort il doit y avoir, il faut qu’il soit juste, équilibré et pour tout dire, partagé.
Pour terminer mon intervention, je voudrais dire un mot sur « Les Pros de la performance énergétique® ». Je vous l’annonçais lors de la dernière conférence de presse, un site internet est en cours de création. Il ouvrira le 11 janvier 2011. Les internautes pourront trouver toutes les réponses aux questions qu’ils se posent sur la rénovation énergétique. Nous reviendrons vers vous à cette occasion.
Je vous remercie de votre attention et suis à votre disposition pour toutes questions éventuelles.